19 juin 2008
Dehors/Dedans
Dehors moi, il y a un monde bien propre. Les maisons HLM s'alignent les unes après les autres. Un rosier planté devant chacune d'elle. Des rideaux à la fenêtre. Des oiseaux dans les arbres. Le soleil qui jette une lumière ô tellement crue sur moi. Dehors moi, il y a des filles qui tiennent la main des garçons, et puis des enfants qui visent mon chien avec leurs fusils en plastique. Dehors moi, on va à la boulangerie et on respire l'odeur écoeurante du beurre. Madame Truc a perdu son chat/ah oui ?/Quel malheur !/Monsieur Machin n'est pas venu depuis longtemps/Il est mort/Comme le chat... Les pigeons chient, le facteur siffle. Tout est d'une violente normalité. Tout est net, à sa place. Les voisins me saluent quand je passe et je colle un sourire sur mon visage.
Dehors moi, il y a un Néant bien propre.
Dedans moi, il y a un monde où il pleut toujours. Les nuages s'alignent les uns après les autres, roulent, s'écrasent, crèvent. Dedans moi, il n'y a qu'un seul rosier, un rosier qui ne fleurit jamais. Dedans moi, il n'y a pas d'oiseaux, mais il y a des racines noires qui s'enfoncent profondément dans de l'humus noir. Dedans moi, il y a une tendresse universelle pour l'imparfait. Le boiteux, le blessé, l'inachevé, le couturé, le laid, le détruit, le poussiéreux, le vermoulu, l'oublié. Dedans moi, il y a une maison avec une seule pièce et un couloir. Les murs de la pièce, le plafond, le plancher, sont couverts de miroirs et je m'y reflète à l'infini, et selon les angles, je m'aime un peu ou je me déteste beaucoup. Dans le couloir, il y a du papier peint moisi, et sur ce papier peint, des centaines de cadres vides. Dedans moi il y a une grosse tique noire et grasse qui me dévore de l'intérieur. Dedans moi ça n'est ni joli ni gentil.
Dedans moi, il y a un Quelque Chose qui suinte un peu trop sur Dehors...
Découvrez Pink Floyd!
18 juin 2008
Vie du grand dom Quichotte et du gros Sancho Pança
Synopsis officiel : Dans les prestigieux murs de la Comédie Française de nouveaux acteurs se sont invités. Ces personnages en bois sont plutôt doués pour évoquer les illusions et les rêves d'idéal du héros de Cervantès . Dans ce spectacle, les péripéties de Don Quichotte, flanqué du gros et naïf Sancho Pança, sont réinventées avec magie et humour.
Avec cette parodie burlesque du fameux roman de Cervantès, Antonio José da Silva reprend les péripéties de notre chevalier et de son écuyer pour s’en moquer. Les personnages évoluent au sein d’une société (portugaise du 18ème siècle) qui prend un malin plaisir à les duper. Ainsi les héros confrontés aux marionnettes à taille humaine se trouvent manipulés comme ces celles–ci le sont par les comédiens. L’errance de Quichotte et Sancho prend place dans un décor d’azulejos, qui sert de base à leurs aventures fantasmées ou non. L’imagination débordante qui sévit dans la tête de Dom Quichotte, ne se traduit pas ici par un voyage à dos de cheval, juste par des rencontres avec des êtres faits de bois ou de chair, qui participent au désenchantement du chevalier. La mise en scène d’Emilie Valentin met a égalité les comédiens et les marionnettes sur scène, troublant la perception du public, pour l’embarquer entre poésie et fantasmagorie dans la vie de ces deux personnages improbables.
Texte Antonio José da Silva
Mise en scène, marionnettes et costumes Emilie Valantin
Collaboration artistique et décor Eric Ruf
Avec Véronique Vella, Michel Favory, Grégory Gadebois, Sylvia Bergé, Christian Blanc, Nicolas Lormeau, Léonie Simaga...
En alternanace à 14H ou 20H30
Double déception en ce qui me concerne. Je me suis rendue le 15 à la Comédie Française en pensant voir une adaptation valable du héros de Cervantès, ma mère s'étant trompée en me lisant le titre... La première déception vient du fait qu'il ne s'agit pas du tout du texte original, mais de la réécriture sous forme de farce baroque par Antonio José da Silva. Passons, après tout pourquoi pas, même si je ne vois pas trop l'intérêt de tourner en ridicule un personnage qui tire sa splendeur de son côté pathétique, justement. Mais après tout, il y a de bonnes farces, je m'assoie donc sur mon fauteuil sans à priori.
Visiblement la pièce a bénéficié de gros moyen. Décors mobiles, costumes somptueux, marionnettes... Simplement, tous ces moyens ne semblent servir qu'à cacher le vide du texte. De gag convenu en gag convenu, on n'est surpris qu'en de très (trop) rares occasions, lors d'interactions avec les marionnettes. Quoique le comique de la chose ne tient peut-être qu'au fait qu'on ne soit pas habitué à voir pantins et acteurs réunis sur scène.
Le premier décor, un mur de pierre qui s'emboîte et se désemboîte afin de dessiner fenêtres, portes et chevaux m'a d'abord convaincu... Mais il n'a été utilisé que pour la première scène ! Cette idée originale et assez fascinante n'a pas été exploitée comme elle le devrait.
Le jeu des acteurs était assez bon, mais le texte débordant de lieux communs et de niaiseries les empêchait visiblement de prendre du relief et d'être vraiment bons.
Les parties chantées étaient correctes, justes et pas désagréables à l'oreille, mais on attendait de la comédie française un peu plus d'excellence que ça.
Restent les marionnettes, une quarantaine en tout, seule trouvaille véritable de la pièce, même si on ne comprend pas toujours leur utilité... Néanmoins, elles sont manipulées par les acteurs eux même qui assurent ainsi trois rôles, acteurs-chanteurs-marionnettistes, et il faut saluer cette belle prouesse.
En résumé, une pièce à voir, mais certainement pas à revoir.
Découvrez Claude Nougaro!
17 juin 2008
Grave WIP (tête suite et fin)

Voilà, la tête de Grave est terminée. Les fleurs sont des fleurs de tissus ramassées dans les allées du cimetière d'à côté. Je réfléchis au corps et aux vêtements. Les mains seront probablement remplacés par des racines. Mais la robe ? Peut-être juste une vieille robe en draps blanc toute simple ? Genre chemise d'hopital ou robe pourrie. Mais bon, le gros problème des poupées en porcelaines vient de leurs cous qu'il faut cacher sous peine de montrer la jointure avec leurs corps de tissus qui sont pas terribles. Autant les articulations des BJD sont belles, autant les poupées en porcelaine j'accroche pas, ça a pas de forme ni de texture...
Bref ! Du nouveau bientôt (peut-être)
Découvrez Lordi!
16 juin 2008
Grave WIP (tête)

La custo de Grave a commencé par accident... Ma mère m'avait acheté plusieurs poupées en porcelaine à 1€ dans un vide grenier. Grave est tout de suite devenue ma préférée avec sa moue boudeuse... Son make up était assez grossier, donc je réfléchissais à la façon de la customiser... et alors que je la manipulais, la couture du cou a craqué et la tête est tombée. Explosée en mille morceaux, un vrai puzzle... J'aurais dû vérifier l'état du corps sous la robe avant de la toucher >__< J'ai paniqué au début... et puis je me suis dit qu'en fait c'était une bonne occasion de commencer une custo que je n'aurais pas osé faire autrement.
Et voilà Grave était née =D
Je termine actuellement de coller les fleurs de tissus sur sa tête en guise de cheveux, je devrais avoir fini ce soir :3
Découvrez Hole!
14 juin 2008
Si j'étais une Princesse...
Je me suis fait tagguée par Noa ... Et bien sûr, depuis j'ai le générique de Princesse Sarah en tête, c'est inhumain >___<
Bref, voici ma réponse.
Je serais une princesse guerrière à la Xena, parce que Xena c'est une VRAIE fille. Je vivrais dans un monde Heroïc Fantasy où tous les problèmes du monde se règlent à coups d'épée. Ou de botte. Ou de poing. Ou de bouteille. Mes suivantes porteraient des peaux de bêtes fauves que nous aurions tué à mains nues et ma monture serait un loup géant. Le palais de ma famille serait creusé à l'intérieur d'un arbre immense, et la Lune serait notre déesse !
Bref. Ça n'intéresse personne à part ceux qui répondent à la-dite question...
Je taggue ma Banane adorée, ma Taupinette Infernale et mon "époux" (même si pour lui c'est "quel prince serait-tu ?" :P)
Découvrez Hubert-Felix Thiefaine!
13 juin 2008
Je me suis encore plantée de train...

photo : RER D
© Sugar Junkie
Découvrez Hubert-Félix Thiéfaine!
12 juin 2008
Poison mentholé

Photo : Premier verre d'absinthe
© Sugar Junkie
Découvrez Alice Cooper!
Drink me, Eat me, Puke me
J'ai toujours faim. Même quand j'ai l'estomac plein, même quand la simple idée de manger me donne envie de vomir. J'ai juste cette Pulsion qui me tiraille. Il faut que j'avale quelque chose. N'importe quoi. Une pomme, du jambon, du chocolat, une boîte de maïs, le fond du mont-blanc format familial, des rillettes de thon, des cornichons, n'importe quoi. Il FAUT que je mange, au moindre stress, au moindre chagrin, dès que je m'ennuie. Je n'arrête pas de manger de la journée. Bouffe bouffe bouffe.
Je déteste mon corps. Je veux le gommer. Sous une couche de graisse. Que ce corps de femme devienne un gros corps de mère, tout en rondeurs pour pouvoir enlacer les autres. Un corps sans sexualité. Un tas de graisse flageolant, qu'on me foute la paix, qu'on arrête de me regarder, qu'on détourne le regard quand je passe. Je veux qu'on me haïsse. Je veux dégoûter, perturber, gêner, déranger, gerber mon existence à la face du monde.
Je déteste mon corps. Je le veux mince, imberbe, attirant, d'une blancheur de marbre huilé. Je veux qu'on me regarde et qu'on m'idolâtre. Pas qu'on me désire. Le désir me répugne. C'est sale. Les hommes et leurs bites ridicules, les femmes et leurs chattes suintantes. Il n'y a rien de plus grotesque que le désir humain. Rien de plus laid. Ça pue la sueur, le sang et le sexe, c'est poisseux et âcre, trop de douleur et pas assez de plaisir.
Je passe des heures sous la douche, dans la salle de bain.
Dans le miroir, je me regarde et je ne m'aime pas. Vilaine peau. Des boutons. La dermato dit que ça n'est pas de l'acné, que c'est génétique, que ça s'estompera avec l'âge et qu'il n'y a rien à faire en attendant. Joie. Gros nez. Yeux cernés. Bouche petite. Dents à l'émail génétiquement jaunâtre, lui aussi. La peau du cou qui pendouille juste un peu, l'air de me dire "regarde, tu vois, il n'y a qu'un pas jusqu'au double menton, qu'est-ce que tu attends ?". Mes seins trop lourds qui me font mal au dos. Mon ventre mou et blême comme un poisson mort. Mes cuisses épaisses. Le tout tacheté de grains de beauté, une tâche de naissance en forme de losange au niveau du genoux. Grains de beauté, mon cul. Graines de cancer, oui !
Dans la cuisine, comme aimantée vers le frigo. Je suis accroc au sucre. Une tablette de chocolat et pendant quelques instants, je me sens bien. Une brève montée de bonheur et d'énergie... Vite chassée par la culpabilité. Je vais encore grossir... Double dose, aussitôt. Repeindre ma vie couleur pâte d'amande. Je mange pour oublier que je mange.
Je ne veux plus de ça.
Je lutte un peu. J'ai une bouteille d'eau partout avec moi. Quand je sens la Pulsion, je bois une gorgée. Ça limite les dégâts. Même si parfois la pulsion est la plus forte. En dehors des repas, je bois près de quatre litres d'eau par jour. Au minimum. Et ma mère à côté. Qui me parle comme si c'était simple. "Marche, mange moins !" Elle ne connaît pas cette faim dévorante qui me pousse à bouffer ma propre vie. Qui fait qu'au bout de dix minutes de marche, j'ai besoin de rentrer à la maison et de manger un truc.
Ces derniers temps, je me dis que si la bouffe me donnait subitement des hallucinations, je ne serais pas surprise.
Découvrez Melissa Mars!
11 juin 2008
Instant Figé

Photo : Larmes de verre
© Sugar Junkie
Découvrez Alice Cooper!
10 juin 2008
Ouverture de Rideau

Photo : Fantôme de l'opéra
© Sugar Junkie
Découvrez Tegan and Sara!
